Supports moteurs : bilstein cible les Fiat 500X et Jeep Renegade vieillissantes

Febi vient de lancer la référence 196965, un support moteur compatible avec la Fiat 500X (depuis 2014) et la Jeep Renegade (depuis 2018). Cette pièce, identique pour les deux véhicules, correspond à la référence d'origine constructeur 52090342. Elle est disponible dès maintenant pour les distributeurs et les réparateurs indépendants.

Boîte automatique : un kit de réparation pour Jaguar et Land Rover

Les deux modèles ont quitté les lignes de production de l'usine Stellantis de Melfi, en Italie : la Fiat 500X fin 2024, le Renegade fin 2025. Plus aucun exemplaire neuf ne sortira de cette usine. Les premiers véhicules mis en circulation ont donc aujourd'hui plus de dix ans, seuil à partir duquel le remplacement des supports moteurs devient une intervention courante. La Fiat 500X avait par ailleurs dépassé les 750 000 immatriculations dans le monde selon Stellantis.

À ce jour, ce type de référence reste encore peu présent dans les catalogues de la rechange indépendante. Febi se positionne donc tôt sur ce marché, avant que la demande ne soit pleinement exprimée. C'est ce que bilstein group appelle sa stratégie "First to Market" : anticiper les besoins des réparateurs indépendants plutôt que de les suivre.

Zineb Ghout nommée directrice générale de Stellantis Iberia

Zineb Ghout est nommée directrice générale de Stellantis pour la péninsule Ibérique (Espagne et Portugal), sous la responsabilité de Maurizio Zuares, directeur des opérations commerciales pour l’Europe élargie.

 

Dans ses nouvelles fonctions, elle supervisera l’ensemble des opérations commerciales du groupe dans la région, couvrant une dizaine de marques, d’Abarth à Peugeot en passant par Jeep, Opel, Leapmotor ou DS Automobiles, ainsi que les activités liées aux véhicules d’occasion, aux pièces détachées et à l’après-vente.

 

Elle reportera à Maurizio Zuares, en charge des opérations commerciales pour l’Europe élargie. Zineb Ghout succède à Marco Cane, appelé à d’autres responsabilités centrées sur la rentabilité des volumes en Europe, et rendra compte à Emanuele Cappellano.

 

Cette nomination intervient dans une zone importante pour Stellantis. L’Espagne et le Portugal concentrent plusieurs sites industriels majeurs du groupe, notamment à Vigo, Saragosse et Madrid, ainsi que l’usine de Mangualde au Portugal. Ces installations produisent des modèles clés, à la fois sur le segment des véhicules particuliers (Peugeot 208, Opel Corsa…) et des utilitaires (Peugeot Expert et Citroën Jumpy…).

 

Diplômée de Toulouse Business School, Zineb Ghout s’appuie sur près de vingt ans d’expérience dans l’industrie automobile, acquise en grande partie au sein du groupe Renault. Elle y a occupé des fonctions variées en Europe et en Afrique du Nord, avant de devenir directrice marketing en France.

 

Elle rejoint Stellantis en 2023 pour diriger Peugeot France, puis prend rapidement la responsabilité de Peugeot Europe en 2024. Moins de trois ans après son arrivée dans le groupe, elle accède à la direction générale d’une région industrielle majeure.

Peugeot Sochaux : une vitrine de performance industrielle pour Stellantis

À Sochaux, berceau historique de Peugeot, l’usine Stellantis s’impose aujourd’hui comme l’un des sites les plus performants du groupe. Une position qu’elle défend dans une rivalité assumée avec Vigo, en Espagne, autre référence industrielle du constructeur. Cette compétition interne est devenue un levier clé pour tirer vers le haut les standards de qualité et de productivité.

 

Le site franc-comtois fonctionne avec 2,5 équipes et produit environ 1 050 véhicules par jour, essentiellement des Peugeot 3008 et 5008. La production se répartit à 70 % pour le 3008 et 30 % pour le 5008, dans toutes leurs motorisations : thermique, hybride et électrique. Sur les 230 000 véhicules assemblés en 2025, entre 20 et 25 % sont électriques. Une proportion qui devrait rester stable en 2026, contre 154 000 en 2024.

 

 

D’une usine en difficulté à un modèle industriel

 

Créée en 1912, l’usine de Sochaux a longtemps souffert d’un outil industriel surdimensionné et de flux logistiques complexes. Au début des années 2010, alors que PSA était au bord de la faillite, le site figurait parmi les moins compétitifs du groupe.

 

Le redressement s’est opéré à partir du plan Sochaux 2022, qui a marqué un tournant. Au total, près de 200 millions d’euros ont été investis pour transformer en profondeur les ateliers, auxquels s’ajoutent aujourd’hui 120 millions pour la nouvelle zone de peinture.

 

Résultat : l’usine revendique aujourd’hui la première place en Europe au sein de Stellantis. "C’est la meilleure en qualité", assure Manuel Gentile, directeur du site. L’utilisation de l'IA, notamment, a permis un gain de 20 points du référentiel qualité qui est passé de 70 à 90 % en trois ans. Deux tunnels de caméras ont été ajoutés, grâce à une collaboration avec une université locale pour déterminer à plusieurs étapes les problèmes de soudure, de peinture mais aussi du montage final.

 

Le pari du compactage et de l'innovation

 

La transformation du site repose sur un principe clé : le compactage. L’empreinte au sol de l’usine a été divisée par deux, permettant de réduire drastiquement les coûts et d’optimiser les flux.

 

Dans le détail, plusieurs tranches d’investissements ont permis cette mutation, l’aire de montage a reçu 130 millions d’euros pour sa modernisation. 33 millions d’euros ont ensuite permis l’intégration d’une nouvelle presse capable de produire jusqu’à quatre pièces en même temps. 30 millions d'euros ont été accordés au ferrage, largement robotisé. Plus récemment, huit millions d’euros ont permis à la logistique interne d'entrer dans un nouveau monde.

 

Cette transformation logistique est l’un des piliers du gain de compétitivité. L’usine s’appuie désormais sur un transtockeur de 25 mètres de haut, fonctionnant 24 heures sur 24 et capable de gérer jusqu’à 4 500 palettes. "Les pièces circulent aujourd’hui sur 150 mètres, contre un kilomètre auparavant", avance Manuele Gentile. "Le flux logistique dicte la performance de l’usine." L’intelligence artificielle vient renforcer cette optimisation, en permettant notamment de réduire encore les distances parcourues dans l’usine.

 

Peinture : une rupture technologique majeure

 

C’est toutefois dans l’atelier de peinture que la transformation est la plus spectaculaire. En cours de finalisation, ce nouvel atelier, doté de 120 millions d’euros d’investissements, sera pleinement opérationnel d’ici fin 2026. Intégré entre le ferrage et le montage, il remplace une organisation éclatée et éloignée. Sa surface a été divisée par quatre et le nombre d’étapes réduit de douze à sept.

 

Surtout, Stellantis y déploie un procédé inédit : toutes les couches de peinture (apprêt, base et vernis) sont désormais appliquées avant une seule cuisson finale. Une rupture avec les procédés traditionnels, qui nécessitaient plusieurs passages en four.

 

Les gains sont significatifs : -30 % de consommation d’énergie, -50 % d’eau et une division par deux des émissions de CO₂. Autre innovation : une technologie comparable à de l’impression jet d’encre permet d’appliquer la peinture avec une précision extrême, supprimant les pertes liées à la pulvérisation.

 

Baptisée OFA pour (Overspray Free Application), et basée sur des robots équipés de microbuses, celle-ci permet de peindre certaines zones, comme les toits "bi-tons", sans masquage et sans perte de matière. Cette avancée ouvre la voie à plus de personnalisation sans coût industriel supplémentaire. Une huitième teinte sera d’ailleurs introduite sur les 3008 et 5008 lors du prochain restylage à mi-vie du véhicule.

 

Un site stratégique dans l’organisation européenne

 

Le site de Sochaux s’inscrit dans un cluster de 42 usines terminales supervisé par Étienne Martin-Commandeur, couvrant la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Ce périmètre comprend huit sites produisant au total 3 500 véhicules par jour.

 

En France, Stellantis dispose de cinq usines d’assemblage (Rennes, Poissy, Mulhouse et Sochaux) sur douze sites industriels. Le pays représente 15 % des effectifs du groupe et 22 % de la R&D du groupe.

 

 

À Sochaux, 5 400 salariés en CDI et 1 050 intérimaires travaillent sur le site, dont la production a progressé de 49 % entre 2024 et 2025. De quoi arborer l'un des meilleurs taux d’utilisation des sites du groupe, à 81 %, derrière l’usine d’Hordain (59) qui produit des véhicules utilitaires du groupe, mais aussi de Toyota et prochainement d’Iveco.

 

Malgré l’automatisation, la main-d’œuvre représente encore environ 60 % du coût de production d’un véhicule. "On n’est pas près de remplacer les hommes par des robots humanoïdes", insiste Manuel Gentile.

 

Pour Étienne Martin-Commandeur, le site de Sochaux est une véritable pépinière de talents. Ce dernier possède une large vision du manufacturing de Stellantis, l'objectif est bien de comparer les résultats des différentes usines pour pousser la performance. "Chaque jour, nous disposons des données sur les meilleures pratiques de chaque site, c'est une organisation assez militaire", reconnaît-il.

 

Chaque pays du groupe apporte ainsi ses spécificités. La culture de l'efficacité et du pragmatisme américain se compare à la grande capacité analytique des Français, à l'agilité britannique mais aussi à l'amour de la technologie et à la discipline dans l'exécution allemande. "L’objectif est de mixer ces cultures", explique Étienne Martin-Commandeur, dans une logique portée par Antonio Filosa.

 

Vers plus de flexibilité produit

 

Enfin, Stellantis amorce une inflexion stratégique. Après des années de rationalisation extrême sous Carlos Tavares, la diversité des modèles pourrait revenir progressivement.

 

"Nous avons beaucoup appris en contraignant la diversité, en faisant la chasse à la diversité coûteuse. Mais nous pouvons aujourd’hui rouvrir certaines gammes comme Business ou GTX", indique Agnès Tesson-Faget, directrice produit de la marque. En améliorant les échanges entre le produit et les usines, Peugeot peut se permettre à nouveau de relancer des séries spéciales qui pourraient redevenir des éléments d'animation de l'offre commerciale.

 

Actuellement, les équipes de l'usine de Saragosse en Espagne préparent la mise en production de la 208 GTI dont les commandes seront lancées pour les 24 Heures du Mans cette année.

 

Stellantis taille dans la R&D d’Opel : 650 postes supprimés en Allemagne

Stellantis poursuit la réorganisation de son dispositif d’ingénierie en Europe. Le groupe automobile a annoncé la suppression de 650 postes d’ingénieurs sur le site de recherche et développement d’Opel à Rüsselsheim, en Allemagne, soit près de 40 % des effectifs actuels.

 

Sur les 1 650 ingénieurs aujourd’hui employés dans ce centre historique de la marque Opel, environ 1 000 devraient être maintenus, a précisé la direction. Cette restructuration vise à transformer le site en un centre technologique plus spécialisé, intégré à l’organisation mondiale Product Development & Technology (PDT) du groupe. En 2017, lors du rachat d'Opel par le groupe PSA, 7 700 ingénieurs étaient employés dans le centre de R&D.

 

Le site de Rüsselsheim restera dédié au développement des véhicules des marques Opel et Vauxhall, tout en se concentrant sur plusieurs domaines transversaux jugés stratégiques. Parmi eux figurent les systèmes d’aide à la conduite (ADAS), l’intelligence artificielle, le développement virtuel, les technologies d’éclairage, les batteries ou encore certains modules logiciels liés à l’architecture STLA Brain, selon les informations communiquées par le constructeur.

 

Un redéploiement global des moyens d’ingénierie

 

Stellantis présente cette décision comme un ajustement de ses ressources à l’échelle mondiale. Le constructeur explique répartir ses effectifs en fonction des missions attribuées à chacun de ses centres de R&D, dans un objectif de compétitivité accrue.

 

"Chaque centre technologique se voit attribuer un périmètre de projets de responsabilités clairement défini. Sur la base de périmètre, nous déterminerons la charge de travail correspondante et les effectifs nécessaires, en termes de taille et de compétence", indique Stellantis dans un communiqué.

 

Dans le même temps, le groupe a renforcé ses équipes ailleurs. Le 15 octobre 2025, Antonio Filosa, nouveau dirigeant du groupe automobile, a annoncé un investissement de 13 milliards de dollars aux États-Unis pour y intensifier ses activités et le recrutement de près de 5 000 salariés dans les usines de l’Illinois, de l’Ohio, du Michigan et de l’Indiana.

 

La France a également été épargnée. Le 4 novembre 2025, le directeur général de Stellantis a promis près de 1 400 embauches dans l'Hexagone (à masse salariale constante), dont 350 postes dédiés aux métiers de l'ingénierie et de la R&D.

 

Une dynamique qui souligne un rééquilibrage géographique de ses activités d’ingénierie, au détriment du centre historique d’Opel en Allemagne.

 

Leapmotor, accélérateur de transformation

 

Cette réorganisation intervient alors que Stellantis accélère également ses coopérations technologiques, notamment avec le constructeur chinois Leapmotor, dont il est partenaire depuis 2023.

 

Selon des informations de Reuters, le groupe étudie le développement d’un SUV électrique Opel reposant en grande partie sur une base technique fournie par Leapmotor. Le modèle, qui pourrait être produit en Espagne à partir de 2028, viserait un volume d’environ 50 000 unités par an. Opel conserverait la responsabilité du design, tandis qu’une partie significative du développement serait réalisée en Chine.

 

Au-delà du cas d’Opel, des discussions seraient également en cours pour étendre ce type de coopération à d’autres marques du groupe, comme Peugeot, Fiat ou Alfa Romeo.

 

Pour Opel, cette nouvelle réduction d’effectifs constitue un coup dur supplémentaire. Elle confirme le recul progressif du rôle du site de Rüsselsheim dans le dispositif industriel et technologique du groupe, malgré son maintien comme centre de compétences sur certains domaines clés.

Stellantis enregistre un bon premier trimestre 2026

Stellantis commencerait-il à voir le bout du tunnel ? Sur le premier trimestre 2026, ses ventes ont en effet progressé de 5 % en Europe des 30 (Europe des 27 + Royaume-Uni, Norvège et Suisse), soit une performance supérieure à la croissance du marché (+3,7 %). Sur cette période, le constructeur a commercialisé 696 676 véhicules.

 

 

Une progression qui lui permet de gagner 0,21 point en part de marché pour atteindre 17,5 %, son niveau trimestriel le plus élevé depuis le premier trimestre 2024. Et si l'on ajoute la contribution de Leapmotor International, la part de marché grimpe à 18,1 %.

 

Une pénétration sur les principaux marchés européens

 

Dans le détail, Fiat (+25,4 %), Lancia (+15,7 %), Citroën (+12,3 %) et Opel/Vauxhall (+10,5 %) enregistrent les meilleures performances commerciales depuis plusieurs trimestres. En termes de ventes, parmi les principaux marchés, Stellantis enregistre de solides performances en Allemagne (+15,2 %), tandis que l’Italie (+6,7 %) et l’Espagne (+6,1 %) affichent également de bons résultats. Idem en Autriche (+31,1 %) et en Pologne (+18 %).

 

Sur le marché de l'utilitaire, Stellantis Pro One reste sur la première marche du podium avec une part de marché de 28,7 %, tandis qu'en termes de motorisation, le constructeur détient la première place de l'hybridation (MHEV, FHEV et PHEV) avec une pénétration de 21,6 %.

 

Relance de l'activité

 

"Les trois premiers mois de 2026 ont consolidé la dynamique de reprise amorcée par Stellantis à la fin de l’année dernière, souligne Emanuele Cappellano, à la tête de la filiale européenne de Stellantis. Nous continuons à bâtir une croissance solide, portée par notre plan de relance de l’activité, fondée sur les besoins des clients, et soutenue par une offre équilibrée alliant fonctionnalité, design et choix des motorisations."

David Guérin à la tête de Peugeot France, Lionel Ehrhard hérite du BtoB

David Guérin range son costume de directeur de la cellule dédiée aux véhicules d’occasion de Stellantis France pour endosser celui de directeur de Peugeot France à compter du 1er mai 2026. Il officiait à la tête du VO depuis mars 2024.

 

Dans ses nouvelles fonctions, il succède à Lionel Ehrhard. Ce dernier avait été nommé à la tête de la marque lion en décembre 2024.

 

Il n’aura donc œuvré qu’une seule année pleine aux commandes de Peugeot France, avec un bilan honorable de 221 001 mises à la route de voitures particulières (-5 %) et 66 257 immatriculations d’utilitaires légers (-1,8 %).

 

Lionel Ehrhard au BtoB, Arnaud Treille aux VUL

 

Lionel Ehrhard prend d’ailleurs du galon puisqu’il devient directeur du BtoB de Stellantis en France. Il prend ici la suite d’Arnaud Treille, qui remplace Aymeric Le Her à la direction de la division européenne de Pro One.

 

Ce dernier a pris, au 1er avril 2026, la direction de l’activité pièces de rechange de Stellantis & You, la filiale de distribution du groupe.

Stellantis & You confie son activité pièces de rechange à Aymeric Le Her

Depuis le 1er avril 2026, Aymeric Le Her a pris la direction de l’activité pièces de rechange de Stellantis & You, filiale du constructeur. Il a pour mission de structurer et développer l’offre du groupe sur ce marché, avec un focus particulier sur l’expansion du réseau Distrigo en Europe.

 

Cette nomination intervient dans un contexte de transition, marqué par le remaniement des équipes. Aymeric Le Her reprend le poste d'Amélie Vanden Bogaerde, appelée à d'autres fonctions.

 

Diplômé de l’Estaca et titulaire d’un Executive MBA d’HEC, Aymeric Le Her débute chez Renault au début des années 2000, où il passe près de dix ans sur des fonctions mêlant développement de projets et activités commerciales.

 

Il rejoint ensuite Speedy en 2010, d’abord en tant que directeur des produits et services, avant de prendre en charge les achats et le commerce de l’enseigne. En 2016, il poursuit sa trajectoire chez Bridgestone, où il intervient sur des périmètres étendus couvrant la stratégie commerciale et les achats sur la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique, puis sur les offres liées aux solutions de mobilité.

 

Son retour dans l’univers constructeur s’opère en 2021, lorsqu’il intègre le groupe PSA comme directeur pièces et services pour la France. À ce titre, il pilote un réseau dense de 5 800 réparateurs multimarques. Trois ans plus tard, il élargit son périmètre en rejoignant Stellantis pour diriger les opérations commerciales des véhicules utilitaires en Europe élargie, dans le cadre de l’entité Pro One.

Stellantis veut en finir avec les "supermarchés de la distribution"

Voici une nouvelle preuve que de profonds changements sont à l’œuvre chez Stellantis. Le groupe a décidé de lever le pied sur la réunification d’un maximum de marques au sein de ses sites de distribution, une pratique encouragée sous le règne de Carlos Tavares. L’objectif est de redonner de la visibilité aux différentes marques, surtout sur leurs marchés de prédilection.

 

Xavier Chardon, directeur général de Citroën, a indiqué que le groupe faisait machine arrière sur le multimarquisme dans les concessions, et ce à l’échelle européenne. "Partager un showroom avec deux marques, cela peut avoir du sens, mais le supermarché de l’automobile chez Stellantis, ce n’est clairement plus dans notre stratégie", assure-t-il.

 

"Couverture de marché liée à la position de la marque"

 

"Cela va prendre du temps, nous n’allons pas y parvenir du jour au lendemain", poursuit Xavier Chardon. Typiquement, il ne sera pas demandé aux distributeurs qui ont investi dans des sites multimarques il y a deux ans de revenir en arrière, au regard des investissements consentis.

 

La France n’est pas le pays qui sera le plus impacté par ce rétropédalage. Ce sont surtout ceux ayant basculé dans le contrat d’agent, en l’occurrence la Belgique, les Pays-Bas et l’Autriche. Ces derniers ont davantage poussé la logique de regroupement de marques sous un même toit.

 

 

Un même distributeur pourra évidemment avoir plusieurs marques de Stellantis dans son portefeuille, mais il devra donc les répartir différemment géographiquement. Pour le directeur général de Citroën, il n’est plus question de mettre toutes les marques au même niveau.

 

"Je trouve assez logique d’avoir une couverture de marché liée à la position de la marque", confie-t-il. La question qui se pose est donc de savoir à quelle marque Citroën sera associée dans le futur. Là-dessus, Xavier Chardon botte en touche, mais on imagine que Leapmotor et Opel ne figurent pas en tête de liste. Ces deux marques sont les plus proches rivales de Citroën en interne.

 

Citroën en progression au T1 2026

 

En attendant cette évolution du mode de distribution, Citroën poursuit son redressement. Cela se vérifie au niveau commercial, avec 190 000 livraisons cumulées dans le monde au premier trimestre 2026, un volume en hausse de 10 %. En Europe, la marque progresse de 12,3 % et atteint 3,5 % de part de marché (+0,3 point).

 

"Nous sommes en croissance de part de marché sur 90 % de nos marchés européens", apprécie Xavier Chardon. L’ambition est évidemment d’accélérer. À défaut de nouveautés prévues dans les prochains mois, la marque aux chevrons travaille activement à l’amélioration de la satisfaction client. Cette mission revient à Anne Fenninger, qui a pris les commandes de cette nouvelle direction en décembre 2025.

 

 

En France, Citroën retrouve également quelques couleurs (+7,3 % au T1 2026), en témoigne le succès des dernières journées portes ouvertes qui ont permis de prendre plus de 5 000 commandes. "Jamais depuis 2019 nous n’avions pris autant de commandes", s’enthousiasme Édouard George, directeur de Citroën France. Le portefeuille s’est remplumé avec trois mois de ventes à livrer.

 

Toujours est-il que le réseau français n’est pas rentable, une exception à l’échelle européenne. La marque tente d’y remédier en accompagnant ses distributeurs sur les buy back et en mettant en place un pack rémunération plus incitatif.

 

Arrivée de l'Ami dans les concessions

 

Citroën compte également offrir plus de rentabilité en permettant à son réseau de vendre l’Ami, qui n’était jusque-là commandable exclusivement en ligne. La petite voiture électrique sans permis arrivera ainsi dans les concessions à partir du mois de mai.

 

"Les marges sur ce modèle seront faibles, mais cela constituera malgré tout un complément pour améliorer la rentabilité de nos distributeurs", souligne Édouard George. Le réseau pourra proposer des offres de financement, comme du crédit classique, mais aussi intégrer les CEE. Deux sujets qui n’étaient pas couverts par la vente en ligne.

Stellantis et Leapmotor font CO2 commun

Associé au pool CO2 mené par Tesla ces dernières années, Stellantis vient d'annoncer qu'il payerait ses crédits CO2 à son partenaire chinois Leapmotor.

 

"Stellantis confirme sa décision stratégique d'acheter des crédits CO2 à Leapmotor en 2026", a-t-il précisé vendredi 3 avril 2026 sans autre détail.

 

"Leapmotor a accepté de céder aux filiales de Stellantis les crédits de CO2 générés par la vente de tous les véhicules 100 % électriques et électriques à prolongateur d'autonomie commercialisés sous la marque Leapmotor dans l'UE et au Royaume-Uni", a précisé le groupe chinois, dont Stellantis détient 21 % depuis octobre 2023.

 

 

Le montant des cessions, qui était de 1,1 milliard de yuans en 2025 (138 millions d'euros), pourra atteindre cette année 2,8 milliards de yuans (350 millions d'euros), grâce à la hausse des exportations de Leapmotor en Europe, a précisé le 31 mars 2026 le groupe chinois dans une note d'information à la Bourse de Hong Kong.

 

Bientôt des Leapmotor produites en Espagne

 

Cet achat de crédits CO2 s'effectuera donc au sein de l'écosystème interne de Stellantis. Une situation finalement assez logique au regard des liens qui les unissent. Il fallait seulement que Leapmotor atteigne un volume suffisant en Europe pour négocier ses crédits et "aider" son partenaire.

 

En effet, les deux constructeurs sont liés depuis 2023. Stellantis détient donc 21 % du chinois, mais surtout 51 % d'une coentreprise créée au printemps 2024, Leapmotor International, qui s'occupe de la distribution des modèles Leapmotor hors de Chine.

 

 

De plus, Leapmotor va augmenter la cadence en Europe avec l'arrivée de nouveaux modèles cette année, mais aussi la production en Espagne de ses modèles B10 et B05, à partir d'octobre 2026.