Scania France en ordre de marche pour répondre à l'économie de guerre

"Le projet Vampire est la réponse de Scania France à l'économie de guerre. L'armée nous a demandé si on était capable de livrer rapidement un concept agile pour les forces spéciales. Grâce à notre usine d'Angers (49), nous pouvons produire rapidement et en quantité des véhicules adaptés", introduit Benoît Tanguy, président de Scania France.

Avec son département SPAD (Scania Public and Defense), Scania France apporte ainsi une réponse industrielle aux besoins des armées dans un contexte d’instabilité géopolitique. Le projet Vampire se traduit par un véhicule modulaire de défense sol‑air.

Un véhicule monté avec les camions classiques

Ce véhicule de 19 tonnes (blindage oblige) repose sur un porteur 4x4 léger, maniable et capable d’accueillir quatre à cinq soldats. Le Vampire dispose d'un plateau arrière multifonction, permettant des applications de porte-missile, antidrone ou radar de défense. Il a fallu seulement 18 mois au constructeur entre la demande initiale de l'armée et la première livraison.

Projet Vampire ! ©Scania Production Angers
Projet Vampire ! ©Scania Production Angers

"Ce véhicule dispose de nombreuses pièces communes avec notre gamme civile. Il est ainsi monté sur la même ligne d'assemblage que les autres camions Scania. Il a simplement fallu adapter les modes opératoires à chaque station et créer une boucle complémentaire pour monter la cabine", détaille Petrus Sundvall, PDG de Scania Production Angers. Un projet qui démontre la pertinence de l'approche duale de l'usine d'Angers. "L'intégration des véhicules militaires sur la ligne civile se fait sans compromis sur la cadence, la sécurité, l'ergonomie et les standards qualité de Scania", ajoute le dirigeant de l'usine.

Une centaine de Vampire à livrer

À partir de mai 2026, trois châssis seront assemblés chaque semaine, toujours en même temps que les camions civils. Les Vampire sont ensuite finalisés par les équipes SPAD, puis certifiés par les équipes Qualité de Scania Production Angers. Au total, une centaine de ces véhicules doit rejoindre l’armée française.

©Scania Production Angers
©Scania Production Angers

"Le projet Vampire marque une étape décisive pour Scania France. Nous avons su démontrer que le SPAD peut concevoir et adapter en France des véhicules militaires complexes tout en répondant aux exigences de volume et de réactivité imposées par l’économie de guerre. Ce projet valide notre capacité à travailler main dans la main avec l’armée française pour fournir des solutions fiables, modulaires et parfaitement adaptées à leurs besoins opérationnels", conclut Benoît Tanguy.

Camions électriques : la dynamique est enclenchée selon les constructeurs

Jeudi 22 janvier 2026, la Csiam (Chambre syndicale internationale de l’automobile et du motocycle) tenait son traditionnel point de début d'année dédié aux véhicules industriels, avec la présence des dirigeants des constructeurs. L'occasion de confirmer la tendance dressée par l'OVI (Observatoire du véhicule industriel) : le marché a moins chuté que craint. Les immatriculations de poids lourds de plus de 7,5 tonnes en France ont atteint 42 600 unités en 2025, soit 9,9 % de moins en un an.

"C'est moins important que ce qui avait été annoncé en début d'année. La reprise des immatriculations au second semestre a permis de maîtriser cette baisse", remarque Emma Cartier, responsable de la branche véhicules Industrielles de la Csiam. À noter que 90 % des immatriculations de plus de 7,5 tonnes concernent des camions de plus de 16 tonnes (38 445 unités, contre 4 155 pour les 7,5 à 16 tonnes).

L'électrique gagne du terrain

C'est bien sur les énergies alternatives au diesel que les constructeurs ont fait le focus. Elles représentent 10,2 % des immatriculations en 2025, contre 10,3 % en 2024. En revanche, leur part a changé : le B100 et le gaz ont légèrement chuté (de 5,8 % à 5,4 % pour le premier, de 3,1 % à 2,8 % pour le second). Si ce n'est pas la seule explication, le brouhaha politique au sujet des biocarburants n'a pas aidé. L'électrique en a profité, atteignant 2 % de part de marché en 2025 (865 immatriculations), comme espéré à la fin de l'été.

Pour les camions à batteries, tous s'accordent pour dire que la dynamique est enclenchée, grâce notamment à un second semestre dynamique. Le nouveau système d'aides, en place depuis un an, y a contribué. "Ce n'est pas encore bien visible dans les chiffres, mais l'électrique n'est plus une interrogation : il y a une vraie quête d'information de la part de clients, qui demandent comment électrifier leur flotte. Les entreprises de TRM ne regardent plus juste cette énergie de loin", commente Benoit Tanguy, président de la branche véhicules industriels de la Csiam et PDG de Scania France.

Dans le détail, on a recensé 10 % d'immatriculations de porteurs électriques en plus sur un an (538 unités), et surtout +99,4 % d'immatriculations de tracteurs électriques. De 164 en 2024, le nombre de mises à la route a atteint les 327 l'an dernier. "Tous les constructeurs ont une offre pour répondre aux différentes activités. Le point sur lequel il faut absolument travailler est la recharge", poursuit Benoit Tanguy.

Les infrastructures de recharge : la priorité du moment

En effet, les constructeurs estiment que la priorité est désormais le développement d’un maillage d'infrastructures de recharge pour répondre aux besoins des transporteurs désireux de passer à l'électrique. Cela nécessite notamment une réduction des délais d'obtention des autorisations administratives et une facilitation d'accès au foncier pour l’implantation des bornes. Sans oublier l'aspect financier.

Les aides Advenir sur les stations publiques, et la rétrocession de la Tiruert sur les stations privées sont mises en avant par les constructeurs, qui veulent aussi une meilleure visibilité des coûts de l'énergie. "C'est important d'avoir des aides pour installer une borne, mais le coût de la recharge importe aussi. Le coût de la recharge au dépôt est satisfaisant, mais en itinérance, ce n'est pas possible", insiste Clément Chandon, directeur énergies alternatives d'Iveco France.

Outre la recharge, la Csiam met en avant trois autres piliers pour développer plus largement l'électrique dans le poids lourd : la pérennisation des dispositifs d'aide à l'achat, l'implication des chargeurs dans la trajectoire de décarbonation, et l'éco-score, qui pourrait favoriser la production européenne. Un sujet à suivre.

Scania confirme son statut de premier importateur de camions en France

Conformément au marché, Scania a vu ses immatriculations chuter en France en 2025. Le constructeur a mis 11,2 % de camions de plus de 16 tonnes à la route en moins par rapport à 2024, soit 5 979 unités. En revanche, sa part de marché continue de croître. Après avoir atteint une part historique de 14,9 % en 2024, Scania a atteint les 15,6 % l'an dernier. Le constructeur confirme ainsi son nouveau statut de premier importateur de poids lourds en France.

Records sur les tracteurs et les porteurs

Côté tracteurs, là aussi, Scania atteint un niveau record : 17,2 % de part de marché. Cela représente 3 933 mises à la route, soit plus des deux tiers des immatriculations de Scania dans l'Hexagone. "Cette performance s’appuie sur le succès confirmé des moteurs Scania Super, notamment en version 13 litres. Sa sobriété est un atout majeur pour les transporteurs désirant optimiser leurs coûts d’exploitation. Dans le contexte actuel, le TCO est devenu plus crucial que jamais. Le moteur Super D13 réalise ainsi 84 % des immatriculations de tracteurs", se réjouit Éric Darné, directeur commercial de Scania France.

Côté porteurs, Scania France atteint 13,3 % de part de marché, là aussi en progression sur un an. C'est la première fois que le constructeur est numéro un côté importations en France sur ce segment. Le constructeur a progressé sur de nombreuses carrosseries (bennes, bras, plateau, etc.).

Scania explique son succès par sa stratégie axée sur le service. "Notre culture service, centrée sur le clientse traduit par une offre à l’approche holistique. Notre volonté est de proposer aux clients une solution globale sur mesure incluant un financement, une assurance ou encore des contrats de maintenance et réparation. Nous nous positionnons en partenaires des opérateurs, au service d’une exploitation sereine et rentable", conclut Éric Darné.