Denza compte révolutionner le haut de gamme en Europe

Rien n'est trop beau pour BYD. Le premier constructeur chinois s'est offert l'Opéra Garnier à Paris, pour lancer Denza, sa marque premium, sur le marché européen. soit un an après sa présentation officielle en juin 2025 lors de la Fashion Week à Milan (Italie).

 

 

Créée en 2012, en partenariat avec Daimler, Denza a frôlé la faillite au début de la décennie pour renaître de ses cendres avec une gamme complète et, surtout, une offre technologique inégalée sur le marché.

 

Une vitrine technologique

 

Car BYD veut faire de Denza une vitrine technologique. Lors d'une table ronde organisée pour la presse française, Stella Li, vice-présidente exécutive du constructeur, n'a pas communiqué sur les volumes et la part de marché visés par le constructeur, mais a insisté sur le fait que "Denza doit compter sur le marché du premium".

 

Un pari ambitieux lorsqu'on sait que ce marché est fortement dominé par les acteurs européens (Audi, BMW et Mercedes-Benz) et que tous les autres ont du mal à percer comme Lexus, dont les ventes peinent à décoller, malgré plusieurs décennies de présence en Europe, ou des marques qui ont disparu comme Infiniti.

 

En outre, BYD n'est pas le seul constructeur chinois à se lancer sur ce marché. Geely souhaite imposer Polestar et Zeekr, tandis que, dans une moindre mesure, XPeng veut aussi se positionner sur le haut de gamme.

 

Redéfinir le premium

 

Des remarques que Stella Li balaie d'un revers de la main. "Les acteurs historiques ont une histoire vieille d'un siècle et disposent d'une clientèle très fidèle. Certes, nous sommes une marque jeune, mais nous sommes avant tout une marque technologique et nous offrons des prestations uniques au monde, qui vont redéfinir le marché du premium", met-elle en avant. Elle n'hésite pas d'ailleurs à comparer Denza à Apple, qui a révolutionné en son temps le marché de la téléphonie mobile.

 

Cette technologie est le fer de lance de la marque. Son véhicule porte-étendard, le break de chasse Z9GT, est en effet unique sur le marché. Il dispose de roues indépendantes direction­nelles qui disposent d’un angle de 10°, ce qui assure un rayon de braquage de seulement 4,62 m, alors que le véhicule mesure 5,20 m.

 

La Z9GT sera le fer de lance de Denza en Europe. ©Denza

 

Grâce au moteur électrique installé sur chaque roue arrière, la voiture est capable de pivoter sur elle‑même, à l’ins­tar d’un compas, de réussir un créneau en marche avant ou de rouler en crabe. Elle est également capable de conserver sa trajectoire lorsqu'un pneu éclate, même à grande vitesse. Enfin, Stella Li évoque une fonctionnalité qui permet à la voiture de se garer toute seule, même si elle reconnaît que "ce système n'est pas homologable en Europe".

 

Des chargeurs de 1 500 kW

 

Surtout, la dirigeante souligne sa capacité de charge "exceptionnelle". Avec la technologie Flash charging, le véhicule est capable de supporter des puissances de charge jusqu'à 1 500 kW, une offre unique sur le marché. "Il existe déjà plus de 5 000 bornes en Chine et nous prévoyons d'en développer plus de 20 000 à court terme", explique Stella Li qui indique que, lorsqu'il y a quatre demandes de la part d'automobilistes, Denza en ouvre une.

 

"Nous allons déployer également ces bornes en Europe", poursuit-elle. D'ici douze mois, Denza promet 3 000 bornes de 1 000 kW sur le Vieux Continent. Avec une telle puissance, le constructeur promet une recharge complète en seulement dix minutes, là où XPeng, très avancé sur le sujet, assure 10 à 80 % en douze minutes.

 

Trois modèles dans la gamme

 

Outre le Z9GT, qui sera disponible en électrique ou en hybride rechargeable, la gamme Denza sera aussi composée d'un monospace D9, qui sera lui-aussi disponible avec la technologie hybride rechargeable DM-i.

 

 

La distribution sera réalisée dans des lieux dédiés, appelés Denza House. Environ 150 points de vente sont pour l'instant prévus dans toute l'Europe dans 30 pays. En France, une demi-douzaine de sites seront ouverts dans un premier temps, en région parisienne, lyonnaise et sur la Côte d'Azur. Selon nos dernières informations, la marque viserait une quarantaine de concessions d'ici fin 2017.

 

Le D9 sera le deuxième modèle de Denza, aussi bien disponible en électrique qu'en hybride rechargeable. ©AdobeStock

 

Ce déploiement en grande pompe est-il particulier ou s'agit-il seulement d'un énième lancement d'une marque chinoise en Europe ? Stella Li estime que Denza est sans concurrence et tacle les autres constructeurs chinois. "Les moyens en recherche et développement mis en place par BYD sont sans commune mesure, ce qui nous permet de commercialiser des produits offrant des technologies qu'aucun autre constructeur ne propose. L'avenir n'est pas de vendre des voitures pas chères, mais de proposer des véhicules avec de la très forte valeur ajoutée", insiste-t-elle.

 

Une production chinoise

 

Les modèles Denza ne seront pas produits en Europe, l'usine de Hongrie étant uniquement réservée à BYD. À ce sujet, Stella Li a fait un point sur l'avancée des travaux. "L'usine est en cours de réglage, elle sera pleinement opérationnelle d'ici quelques mois avec une inauguration devant la presse à l'automne prochain."

 

D'ailleurs, après seulement trois ans de présence en Europe, elle estime que le lancement de BYD a été une réussite, même si le constructeur n'est toujours pas rentable sur le continent. "Nous le serons bientôt", assure-t-elle. Les erreurs du passé, d'avoir notamment considéré l'Europe comme un seul et unique marché, semblent être aujourd'hui de l'histoire ancienne.

 

Stella Li a indiqué que la plupart des équipes au sein des filiales sur les principaux marchés ont été changées et que de nouvelles orientations ont été prises. L'arrivée de Dorothé Bonassies en France en est le parfait exemple.

Zeekr part à l’assaut du marché français

Évoquée de longue date et repoussée à plusieurs reprises, l’arrivée de Zeekr en France est désormais officielle. La marque premium électrique chinoise débute ses opérations dans l’Hexagone à compter du 2 avril 2026.

 

Quatre modèles 100 % électriques sont ouverts à la commande à compter de cette date. Les premières livraisons clients interviendront très rapidement assure le constructeur, à partir du mois de mai.

 

À partir de 37 990 euros

 

La gamme débute avec la Zeekr X, un SUV de 4,43 m proposé à partir de 37 990 euros en prix catalogue et de 394 euros par mois en leasing. Ce modèle est décliné en trois versions avec des autonomies allant de 330 à 415 km.

 

Viennent ensuite les Zeekr 7GT (break de 4,81 m), Zeekr 7X (SUV de 4,78 m) et Zeekr 001 (shooting brake de 4,95 m), trois modèles respectivement affichés à partir de 45 990 euros, 52 990 euros et 59 990 euros. À noter que tous les véhicules sont assortis d’une garantie de 10 ans ou 200 000 km.

 

 

"La France est un marché clé dans notre stratégie d’expansion européenne, estime Lothar Schupet, directeur général de Zeekr Europe. Face à une demande croissante pour les véhicules électriques premium, nous sommes convaincus que notre approche, combinant un savoir-faire innovant, des technologies de pointe et des performances enthousiasmantes, saura séduire les clients français."

 

Zeekr entend clairement marcher dans les pas de XPeng, qui a trouvé son public dès ses débuts avec 3 313 immatriculations en 2025, sa première année pleine d’activité. À l’issue du premier trimestre 2026, cette marque a déjà écoulé 1 150 voitures électriques dans l’Hexagone.

 

Ouverture à Aix-en-Provence

 

L’ambition de Zeekr, entité du groupe Geely, est d'avoir entre 25 et 30 points de vente sur le territoire. Le premier ouvrira ses portes à Aix-en-Provence (13). La marque compte également s’installer à Paris (75) et dans sa région, à Lyon (69), à Fréjus (83), à Saint-Étienne (42) ou encore à Rennes (35).

 

L’objectif est de "développer rapidement un réseau national" et "d’établir une forte présence sur l’ensemble du territoire", annonce un communiqué. Les noms des premiers investisseurs n’ont pas filtré à ce stade.

 

 

Zeekr vient donc s’ajouter à la longue liste des marques chinoises qui s’implantent sur le marché français. MG, BYD, XPeng, Leapmotor ou encore Lynk & Co font presque figure d’anciens à côté des nouveaux venus tels qu'Omoda, Jaecoo et donc Zeekr.

 

Ce n’est pas fini puisque Farizon, GAC ou encore Geely et Denza sont également sur le point de débuter leurs opérations dans l’Hexagone. Pas certain que les clients s’y retrouvent dans ce festival de nouveautés sans précédent.